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Toamasina, le 1er Septembre 2017

RECIT
_________________________________________________________ Pour terminer ma thèse de doctorat en histoire : mon calvaire
Par
Chaplain TOTO
Université de Toamasina


Introduction

J’ai terminé la rédaction de ma thèse de doctorat en Histoire depuis trois ans. Ma soutenance n’est toujours pas au programme car on m’a dit que j’ai un problème d’inscription en thèse. Pour mieux cerner où est le problème afin d’en trouver une solution appropriée, je vais retracer l’histoire de cette thèse. Dans l’esprit d’une reconstitution historique la plus fidèle sur la succession des faits suivant une méthode d’histoire moderne, voici le récit sur une partie de ma vie universitaire que j’intitule « pour terminer ma thèse de doctorat en histoire : mon calvaire ».

Mai 2006
J’ai obtenu mon DEA en Histoire à l’Université d’Antananarivo sous la direction du Professeur Gabriel Rantoandro1. Monsieur Manasse Esoavelomandroso2 a bien précisé lors de la soutenance qu’à cette allure, le candidat pourra faire sa thèse de doctorat dans les trois années à venir. Encouragé par cette remarque d’un examinateur de soutenance qui est parmi les chercheurs connaisseurs d’une partie de mon terrain de recherche, j’ai décidé d’agir vite.

14 Mai 2007
J’ai fait ma première inscription en thèse à la Formation Doctorale de l’Université de Toamasina. Mon dossier est complet, contenant essentiellement un projet de thèse sous la direction du prof Rantoandro et une copie de mon diplôme de DEA. Mon dossier d’inscription a été validé par le Professeur Mangalaza étant responsable scientifique de la formation, le 24 Mai. J’étais encore PAT (Personnel Administratif et Technique) de l’Université de Toamasina.

2008-2009
Je traine, pas de reclassement en PAT même avec mon DEA et pas de recrutement pour être un enseignant-chercheur. Je fais des allers et retours dans les centres de documentation à Antananarivo et des enquêtes sur les villages ciblés dans la baie d’Antongil. J’ai terminé mes études sur le terrain et mon niveau de documentation me permet de commencer la rédaction.

Fév. 2010
Je commence la rédaction de ma thèse, toujours sous la direction du prof Rantoandro. Je travaille intensivement pour pouvoir terminer dans la norme.

Fin 2013
J’ai bouclé ma rédaction jusqu’à la conclusion générale. J’ai pensé que c’était enfin « vita ». Je l’ai commencé le mois de naissance de mon premier enfant et je l’ai terminé juste après son troisième anniversaire et avant la naissance de sa petite soeur. C’était très symbolique pour moi. Je savais pourtant que la correction va prendre encore beaucoup de temps mais j’étais super content d’avoir terminé l’essentiel. Pour la première fois, j’ai envoyé l’intégrale à mon directeur de thèse. Contrairement à notre habitude, j’ai attendu plus de six mois pour avoir un feed-back de sa part. Il me dit enfin que je suis allé quelques fois trop loin de mon sujet principal qui est la baie d’Antongil. En conséquence, il faut réorienter le texte vers cette baie en utilisant les archives royales photographiées3. Pour recentrer le texte sur la baie, j’ai dû carrément abandonner la dernière partie de mon travail (centaine de pages) et commencer une nouvelle rédaction à sa place.

2014
J’ai presque abandonné ma thèse, déçu et désintéressé, je commence à trainer alors que pendant les trois dernières années, j’ai refusé toutes opportunités de voyage, les rencontres scientifiques pour me consacrer entièrement sur ma thèse. Je recommence difficilement la nouvelle rédaction vers la fin de l’année.

Vers Mars 2015
J’ai fini à nouveau la rédaction et je donne une version complète imprimée à mon directeur, lors de son passage à Tamatave. J’ai pensé qu’il sera content en voyant enfin la totalité du travail rédigé suivant ses recommandations, mais finalement, il était furieux en voyant que dans la couverture, j’ai mis Université de Toamasina et l’école doctorale la Caddéthique4. C’était la première manifestation du problème. Il m’a dit beaucoup de choses entre autre « zahay nampianatra anao, zaho ni-dirigé anao hatra tam DEA » etc. J’ai compris qu’il était très en colère contre moi alors qu’on n’a jamais parlé que je devais m’inscrire à Antananarivo depuis tout ce temps. Je n’avais qu’une seule et unique inscription en thèse, en ce moment là, c’est celle que j’ai à la Formation Doctorale de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Toamasina. Dans le même contexte, le professeur Mangalaza rédige le dossier d’habilitation de l’école La Caddéthique, et mon nom et l’intitulé de ma thèse avec le nom de mon directeur y figurent en première ligne d’une liste indicative des étudiants de l’école, compte tenu de l’inscription faite à la Formation Doctorale en Mai 2007. Pour se rattraper vis-à-vis de mon directeur, je décide de me renseigner sur l’inscription à l’Ecole Doctorale à Antananarivo. Madame Mamy me disait qu’il faut aller vite car normalement, on a déjà bouclé la liste des doctorants pour être envoyer au Ministère.

12 Mai 2015
J’ai envoyé un mail à l’école doctorale d’Antananarivo pour me renseigner sur l’inscription en thèse, car j’ai presque terminé ma correction pour la nouvelle monture de mon texte, selon les exigences de mon directeur de thèse.

13 Mai 2015
En réponse à mon mail, le Professeur Rafolo Andrianaivoarivony le directeur de l’Ecole Doctorale confirme que « je ne suis pas du tout inscrit à l’école doctorale de l’Université d’Antananarivo ». Nos échanges s’intensifient et il m’a donné un délai pour être un étudiant formellement inscrit à son école doctorale.

08 Juin 2015
Enfin, j’ai rempli la fiche d’inscription en thèse, j’ai payé le droit d’inscription à la banque, et j’ai signé tous les dossiers d’inscription pour être véritablement un doctorant à l’école doctorale de l’Université d’Antananarivo. On m’a dit qu’une soutenance est désormais possible avant la fin de l’année. Justement, on m’a proposé de faire la soutenance à la fin de l’année 2015, et j’ai accepté qu’on date le document que je viens de signer antérieurement. C’est pour cela qu’on trouve une trace de mon inscription en thèse à Antananarivo en 2012, au lieu de 08 Juin 2015. De retour à Tamatave après cette première inscription en thèse à l’école doctorale d’Antananarivo, je suis soulagé qu’on ait enfin une soutenance à préparer.

Second semestre 2015
Pour affiner mon texte en vue d’une soutenance qui peut se tenir à Antananarivo très prochainement, j’ai donné une version imprimée de ma thèse à Solofo Randrianja pour correction, sans avis de mon directeur de thèse. Le Prof Randrianja est mon enseignant depuis mes premières années à l’Université de Toamasina. Quand je lui ai sollicité pour lire ma thèse, il a accepté sans condition. Il a tout lu et parmi ses remarques, il m’a conseillé de donner le texte à un prof Français pour améliorer les formulations qui ne sont pas très bonnes. En respectant ses remarques, j’ai encore donné une version imprimée à Gaétan Feltz, un grand Maître de conférences et historien vazah qui intervient dans mon département. Gaétan a fait le travail pendant environ deux ou trois mois. Après une mission d’enseignement à Tamatave, je lui ai donné une enveloppe fermée contenant un chèque d’une tranche des heures complémentaires au nom du Prof Rantoandro. En remettant l’enveloppe au Professeur Rantoandro à Antananarivo, il dit avoir vu le texte de ma thèse. C’était le deuxième élément qui a rendu le Professeur Rantoandro très en colère contre moi .

Fin 2015
A Antananarivo, pas de soutenance en vue pour ma thèse, ni de consigne en ce sens ou de calendrier quelconque. Je me sentais abandonné. Je comprends, on est en colère contre moi, mais je peux rien faire, J’attends !

1er trimestre 2016
Je continue à améliorer mon texte en apportant quotidiennement des corrections. Une manière pour moi de rester dans le coeur du travail tout en espérant une soutenance le plus rapidement possible.

24 Mai 2016 10:08
J’ai reçu un mail du Professeur Rantoandro mon directeur de thèse. Il affirme d’avoir entendu que la soutenance de ma thèse sera pour bientôt. Il se sent alors concerné en tant que mon directeur, et c’est pour cela qu’il réagisse en m’écrivant ce mail. En réalité, il réagit après le courrier du Professeur Mangalaza pour le compte de l’école la Caddéthique concernant les programmes éventuels de soutenance dont ma thèse et sa direction figure dans la première liste.

24 Mai 2016 20:22
Je lui réponds en disant entre autre « vous êtes mon seul directeur de thèse donc il y aura une soutenance seulement quand vous en décidez ».

1er Juin 2016
J’ai reçu aucune réponse jusqu’au 1er juin et je décide d’envoyer un nouveau mail et cette fois ci, en copie avec le Prof Rafolo le directeur de l’école doctorale. Mais avant d’en arriver là, j’ai commencé à partager mes soucis avec quelques collègues de Tamatave, et j’ai aussi parlé avec Chantal Radimilahy le problème. Le mauvais sentiment de mon directeur envers le Prof Mangalaza de Tamatave commence vraiment se sentir dans le processus. J’ai écris alors une longue lettre que je qualifie maintenant d’une soumission à mon directeur et en copie avec le directeur de l’école doctorale d’Antananarivo. Ce second message a marché car deux jours après, j’ai reçu une réponse de mon directeur, dans un ton plus bas envers moi tout en accusant les autres. Il m’a sonné de prendre distance avec certaine personne, sans dire le nom, mais on se comprend bien. Finalement la situation n’évolue pas visiblement même on a renoué le contact. Je traine et continue à traîner encore sans savoir jusqu’à quand ?

20 Nov. 2016
Fatigué d’une situation indescriptible depuis deux ans, le 20 Novembre 2016, j’ai pris une décision radicale. J’ai adressé une demande de transfert d’inscription de l’Ecole Doctorale en Sciences Humaines et Sociales de l’Université d’Antananarivo à l’Ecole Doctorale la Caddéthique de l’Université de Toamasina. La lettre est adressée à Monsieur Le Directeur de l’Ecole Doctorale de l’Université d’Antananarivo et copie à Monsieur Le Président de l’Université de Toamasina, Monsieur Le Directeur de l’Ecole Doctorale La Caddéthique, Monsieur Le Professeur Gabriel Rantoandro mon directeur de thèse et les deux Doyens de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université d’Antananarivo et celle de Toamasina.

05 Déc. 2016
La réponse de Monsieur Le Directeur de l’Ecole Doctorale de l’Université d’Antananarivo disant que ma demande est non recevable, car elle ne contient pas l’avis de mon directeur, en la personne du Professeur Gabriel Rantoandro.

11 Jan. 2017
J’ai pris une décision d’aller à Antananarivo et de parler en face-à-face avec mon directeur de thèse sur mon cas. Dans le taxibrouss, il m’a donné son accord par SMS pour une rencontre dans deux jours en disant aussi « consulte ton mail ». En arrivant à l’hôtel à Antananarivo, je reçois sa lettre daté de 10 Janvier 2017 qu’il démissionne de la direction de ma thèse. A la mi-journée du 12 janvier, je lui envoyé par SMS l’annulation du rendez-vous avec mon directeur de thèse, car il ne l’est plus, et dans la foulé je retourne à Tamatave.

12 Jan. 2017
Sans tarder, j’ai envoyé une demande de direction de thèse au Professeur Solofo Randrianja avec la copie de la lettre de démission du Professeur Rantoandro. Il a accepté en affirmant que je suis son étudiant depuis la première année et il a vu mon travail. Soulagé de cette réponse, je reviens vers le Professeur Mangalaza directeur de l’école la Caddétique pour l’inscription en vue d’une soutenance. Tout semble enfin positif pour ma thèse, mais quelque part, il y a un blocage insurmontable qui va tout compromettre.

1er Fév. 2017
Sans informer l’Ecole Doctorale La Caddéthique de l’Université de Toamasina, Madame Le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Toamasina et ni moi-même, une réunion pour statuer « sur le cas du doctorant Tsiadino Chaplain TOTO » s’est tenue à l’Université d’Antananarivo. A l’issu de cette réunion, il a été décidé que :
1. Ma soutenance sera à l’Université d’Antananarivo mais pas à Toamasina.
2. L’Université de Toamasina ne délivre pas un diplôme à un étudiant qui n’est pas inscrit dans son école.
3. Mais la soutenance peut être délocalisée à Toamasina si l’Université de Toamasina le veut.
Note : Le Président de l’Université de Toamasina participe à cette réunion et signe le PV sans nous avertir.

Vers le 12 Fév. 2017
Je suis venu voir Monsieur Le Président de l’Université de Toamasina dans son bureau pour demander une avance sur le reste à payer de mes heures complémentaires de l’année universitaire précédente, car pour moi la soutenance est proche et je voulais faire une bonne qualité d’impression et reliure pour les exemplaires des membres du jury. Je ne l’ai pas obtenu mais lors de notre entretien, il m’a précisé qu’il ne signe pas mon diplôme dans une telle situation. Je lui ai répondu désespérément que Madame Le Doyen et Le Professeur Mangalaza sont en communication avec l’Université d’Antananarivo pour en trouver une solution. A cet instant, on ne savait pas encore l’existence de la réunion du 1er février qui bloque totalement notre démarche et notre président ne nous informe pas sur sa position concernant le dossier. On patine et on est bloqué.

Fin Fév. 2017
Je m’inquiète. Dans les discussions entre les collègues de l’école doctorale, ma soutenance est prévue le 14 Avril 2017, mais on n’affiche pas encore l’avis de soutenance. J’avais vraiment le pressentiment qu’une mauvaise nouvelle plane au dessus de ma tête. Mais on se prépare quand même pour une éventuelle soutenance sans beaucoup de conviction.

Vers mi Mars 2017
Je suis allé Antananarivo accompagné par Le Professeur Randrianja qui est maintenant mon directeur de thèse et Madame Fenotsara le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Toamasina pour pouvoir discuter en face-à-face avec les responsables du Ministère concernant le problème administratif de ma thèse. Madame Claudine Ramiarison étant le Président du Consortium des Ecoles Doctorales de Madagascar et DG auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique nous affirme que le problème est « La lettre signée par les Présidents des deux universités sur cette thèse ». Consterné par l’existence de cette lettre, on revient à Tamatave en gardant contact avec elle. Elle a même proposé une sortie de crise en disant « pourquoi vous ne faites pas cette thèse à Tuléar ? ». Pour avancer dans le dossier, il faut carrément voir cette fameuse lettre qui nous bloque.

15 Avril 2017
Une autre thèse de doctorat est présentée pour le compte de l’école la Caddéthique. On n’en parle plus la mienne, et je m’interroge pourquoi ?

Avril au Juillet 2017
La situation est totalement confuse. Je traine sans savoir quand je pourrai enfin présenter ma thèse ? Peut-être on n’aura plus cette soutenance. Un jeune homme qui avait entendu des responsables de l’Université de Toamasina parler de ma situation me cherche et me conseille d’aller voir le président pour trouver une solution aux problèmes. « Si, accepter ce que dit le président permet de terminer ta thèse, pourquoi tu le fais pas, même à contre coeur, car il parait que c’est à lui la solution », me confirme ce jeune homme, que je vais garder anonyme dans ce récit, pour l’épargner aussi des problèmes à son tour. J’ai pris cela en considération mais je pense qu’il faut être très prudent sur ce genre d’information. Dans une rencontre informelle, le Président du Collège des Enseignants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines m’a fait aussi savoir que le Président de l’Université de Toamasina lui dit quelques fois, de ne pas comprendre pourquoi Chaplain ne vient pas lui voir pour demander de l’aide pour sa thèse, alors qu’il est totalement bloqué. Au fil du temps, mes frustrations grandissent mais je ne sais plus vraiment comment agir pour résoudre le problème. La situation est de plus en plus confuse. Un autre collègue me dit de vouloir m’aider mais comment ? En faisant un petit rappel de tout ce qui a été fait jusqu’à présent, on se dit, il faut aller voir le Président de l’Université de Toamasina pour lui demander de l’aide. Mais il est absent, il faudrait alors attendre son retour au pays. En essayant de le joindre, le président lui confirme que c’est lui seul qui peut résoudre mon problème. En me rapportant sa démarche, je lui ai répondu avec humour qu’ « il est la solution parce que c’est lui le problème ».

Aout 2017
Entre temps, le nouveau directeur de l’Ecole Doctorale de l’Université d’Antananarivo nous partage sa compassion et se dit de vouloir aider dans la résolution du problème. Il est alors en contact avec Madame le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines à Toamasina et aussi avec le Directeur de l’école la Caddéthique de Toamasina. De temps en temps, on m’informe qu’on travaille toujours sans relâche sur le dossier. Le Professeur Mangalaza me dit qu’on ne te lâchera jamais, on est avec toi dans cette bataille. C’est réconfortant de savoir qu’on n’est pas seul dans ce genre de difficulté, mais jusqu’à quand ça va durer ? La question reste entière. Pendant un certain temps, on m’a dit qu’une solution est enfin trouvée. Les deux écoles doctorales se sont mises d’accord pour terminer enfin cette thèse. On dirait qu’une rencontre a eu lieu entre les deux directeurs des écoles doctorales et le président de l’Université d’Antananarivo. Des hauts responsables au niveau du Ministère sont dans le processus. Cette nouvelle me soulage mais cela reste très vague et surtout que cette nouvelle est non officielle. La semaine du 14 Aout, un fin de l’après midi, le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Toamasina m’appelle pour une bonne nouvelle. « Le conseil de l’Ecole Doctorale de l’Université d’Antananarivo a donné à l’unanimité un accord pour ton transfert à la Caddéthique de l’Université de Toamasina ». J’étais enfin très soulagé mais le soulagement ne dure que quelques heures. Le lendemain matin, elle m’a dit au téléphone, « viens pour parler ». J’étais très troublé pour la joindre immédiatement. Elle m’a dit qu’« un mail d’un supérieur avait annulé la décision ». Le temps passe et le Président de l’Université de Toamasina est actuellement à Madagascar, il est temps de reprendre le contact.

22 Aout 2017 à 13 :00
Enfin, le président Velo m’appelle enfin pour la rencontre face-à-face concernant le problème de ma thèse, je rappelle à l’initiative d’un autre collègue qui veut m’aider à sortir de l’impasse. Ce que j’ai retenu de cet entretien : « Si je veux soutenir ma thèse à l’Université d’Antananarivo, il faut que je fasse une lettre adressée à Monsieur le Président de l’Université de Toamasina et c’est lui qui la transmettra ensuite à l’Université d’Antananarivo. Il fera le nécessaire pour que la soutenance ait lieu dans le meilleur délai. Il fera en sorte que les deux personnes dans le problème ne soient pas dans le Jury ». Je lui ai dit, merci pour cette proposition mais il faudrait que j’en parle d’abord avec mon directeur de thèse, en la personne du professeur Randrianja. Je n’ai pas osé pour l’instant de dire au président Velo, alors qu’au fond de moi-même, je ne veux plus revenir à Antananarivo, c’est trop risqué et j’en suis convaincu.

22 Aout 2017 à 16 :00
Rencontre entre le Professeur Mangalaza, Madame Le Doyen Fenotsara et moi-même. Ce que j’ai retenu de notre rencontre : « Le professeur Mangalaza fait un historique du problème depuis l’affichage d’une liste des soutenances prévus par l’école la Caddethique, en mai 2015, jusqu’aux différentes rencontres qu’il a fait à Antananarivo, ces derniers temps concernant le dossier. En conclusion, il affirme que le contenu de la lettre datée du 25 juillet 2017 de CEDM par Madame Claudine Ramiarison ne révèle pas l’accord verbal qu’ils ont eu antérieurement. Le SG du Ministère avait dit qu’on amène le problème à leur niveau seulement si cela n’est pas résolu au niveau des écoles et les universités». Ce qui est le cas actuellement. Toujours dans cette rencontre, j’ai confirmé ma position devant le Doyen Fenotsara et le Professeur Mangalaza que je ne veux plus revenir à Antananarivo, j’ai trop peur.
Finalement, ma compréhension de la lettre du 25 juillet 2017 de CEDM c’est qu’on revient à la case du départ. On n’a même pas pris en compte les raisons que j’avais évoquées dans ma demande de transfert. Il y a peut-être d’autres éléments que j’ignore dans le processus.

Fin Aout 2017
En attendant l’arrivée de mon directeur de thèse à Toamasina pour lui partager les rebondissements de ces dernières semaines, je décide d’écrire la chronologie des faits importants tout le long du processus de ma thèse pour aider ceux qui veulent contribuer à la résolution du problème à prendre une décision appropriée. Je pense que cela peut aider tout le monde à comprendre le problème et le rôle de chacun dans le processus. J’estime également que ma famille qui souffre en même temps que moi de cette affaire qui s’éternise, mes collègues dans la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Toamasina, mes amis et toutes les personnes qui souhaitent comprendre pourquoi je n’ai pas fini ma thèse jusqu’à présent, tout ce monde comprenne que le problème n’est pas du tout académique mais administratif. Mon directeur de thèse possède actuellement trois pré-rapports émanant des universitaires nationaux et internationaux concluant « favorable pour une soutenance ». J’ai fini mon devoir de mon côté, mais je suis bloqué par un « problème administratif » qui révèle encore une dimension de conflit interpersonnel entre ces grandes personnalités. Le problème me dépasse largement. Si je peux, je vais peutêtre chercher un asile académique quelques parts pour terminer ma thèse.

Conclusion


Pour conclure ce récit, je retiens trois points importants sans négliger les autres détails :


Premier point

J’ai effectué trois inscriptions durant les années de préparation de ma thèse. Ces inscriptions sont toutes validées par l’administration des écoles.
1. La première est faite à la Formation Doctorale de l’Université de Toamasina, le 14 mai 2007. La fiche d’inscription est remplie et signée avec les pièces jointes fournies et validées par le responsable scientifique de la formation. Cette inscription est donc valide.
2. La deuxième est faite à l’école doctorale en Sciences Humaines et Sociales de l’Université d’Antananarivo, le 08 Juin 2015, mais finalement antidatée en 2012, pour me permettre de soutenir ma thèse à la fin de l’année 2015, car cette même date, on a récupéré mon dossier de DEA dans la faculté pour prouver mes traces à l’Université d’Antananarivo. Cette inscription est aussi valide.
3. La troisième est faite à l’école la Caddéthique de l’Université de Toamasina, après ma demande de transférer à la Caddéthique la seconde inscription (Antananarivo). Cette troisième a pris en considération les deux inscriptions précédentes. Elle est aussi valide.



Deuxième point

Ces trois inscriptions sont conformes aux principes dans ces Ecoles Doctorales le moment où je les faisais. En vertu de tout cela, je ne demande solennellement qu’une chose aux autorités compétentes, « l’autorisation de soutenir ma thèse suivant les dispositifs en vigueur concernant cet examen ultime et d’obtenir la délivrance de mon diplôme dans les règles afin de continuer ma carrière universitaire ».



Troisième point

J’aimerai également insister sur un point important dans cette histoire. J’ai toujours laissé les enseignants de s’occuper le problème car je ne suis qu’étudiant dans un optique. Mais il faut noter que moi aussi, je suis un enseignant-chercheur permanent dans le département d’Histoire de l’Université de Toamasina et officiellement le Directeur du Département depuis plus de six ans5. J’ai expressément bien mis en évidence ces deux statuts quand j’ai adressé ma demande de transfert à l’école doctorale de l’Université d’Antananarivo, le mois de novembre 2016. Je suis convaincu que présenter ma thèse à l’Université de Toamasina est aussi une manière de valoriser le département dont je suis le premier responsable.


Toamasina, le 03 Septembre 2017
Chaplain TOTO

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1 Mon directeur de thèse et il était le directeur du département d’histoire de l’Université d’Antananarivo le moment où nous avons commencé à travailler ensemble.
2 Cf. Esoavelomandroso M. (1979), La province maritime orientale du Royaume de Madagascar à la fin du XIXème siècle (1882-1895), Antananarivo, FTM, 432 p.
3 Avec beaucoup de passion, j’ai visualisé plus de 400 clichés des pages d’archives royales photographiées de manière non professionnelle pendant des mois pour en tirer les renseignements essentiels.
4 Cadre de vie Ancrage identitaire Développement Durable et Ethique est l’école doctorale thématique de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Toamasina.
5 Le Département d’Histoire de l’Université de Toamasina compte actuellement 9 enseignants permanents dont 3 sont déjà à la retraite mais maintenus en activités et parmi les 6 restant 3 Maîtres de conférences et 3 assistants. Nos deux professeurs sont tous en situation de maintien.